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francois montmaneix
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Saisons profondes
François Montmaneix
- La Rumeur Libre
- Plupart Du Temps
- 21 Septembre 2015
- 9782355770852
Patience :
Ce qui attend sous les nuages bas l'automne le sait il est au travail dans le flair des grands chiens à l'arrêt comptant les oiseaux en allés vers des cieux partis sans laisser de trace Désormais il y aura place pour des couleurs à échanger longtemps avec le silence à l'oeuvre au jardin et la solitude enfin sans mouvement autre que celui des fruits dans le sang Voici venu le temps de demander à ceux qui ne sont plus parmi nous jusqu'où le cri du dedans peut aller quand la route au lointain disparaît devant la perspective éternelle de ce qui n'aura plus de futur
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Oeuvres poétiques Tome 1
François Montmaneix
- La Rumeur Libre
- La Bibliotheque
- 21 Septembre 2015
- 9782355770708
Le Tome 1 des oeuvres Poétiques de François Montmaneix réunit les livres suivants :
Préface de Jean-Yves Debreuille écrite pour la parution des oeuvres Poétiques, - L'ocre de l'air, paru aux éditions Guy Chambelland (1970), - Le dé, paru aux éditions Guy Chambelland (1974), - Le Livres des ruines, paru aux éditions Belfond (1980), - Visage de l'eau, paru aux éditions Belfond (1985), - L'autre versant du feu, paru aux éditions Belfond (1990), - Vivants, paru aux éditions Le cherche midi (1997).
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Oeuvres poétiques Tome 2
François Montmaneix
- La Rumeur Libre
- La Bibliotheque
- 21 Septembre 2015
- 9782355770753
Le Tome 2 des oeuvres Poétiques de François Montmaneix réunit les livres suivants :
- Les rôles invisibles, paru aux éditions Le cherche midi (2002), - Jours de nuit, paru aux éditions Le cherche midi (2005), - L'abîme horizontal, paru aux éditions La Différence (2008), - Laisser verdure, paru aux éditions La Castor Astral (2012), préface d'Yves Bonnefoy.
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« Sous l'éclairage de ce que Maurice Denis disait d'un tableau, on pourra se rappeler qu'un poème, avant d'être un instant donné, l'éclair d'une rencontre, une rêverie en marche, un monde habité, est essentiellement un espace plan recouvert de mots en un certain ordre assemblés. Ce sont les désordres de cet ordre-là que l'auteur est allé interroger. De leurs innombrables et incessantes réponses - l'une prenant aussitôt la place de l'autre -, il a tenté de réunir les voies et de rassembler les voix : celles-là en une continuelle croisée des chemins à venir, celles-ci en un choral où le contrepoint tient lieu de charpente à un édifice dont les ouvertures sont issues du mouvement profond qui voudrait les élever vers ce qui leur est un ciel étoilé : le visage du lecteur, ce frère en inquiétude et en solitude, lui aussi à la recherche de son semblable.
Puisse-t-il le rencontrer ici, dans ces quelques mots en un certain ordre assemblés, cet être au monde à qui confier le moment où le présent prend son essor et où la vie est alors partageable, tel le lied entre le chanteur et le pianiste qui parcourent ensemble l'espace d'une forme sans laquelle ils ne viendraient pas au monde ainsi qu'il vient à eux. » François Montmaneix « Laisser verdure ? En tout ce qui est reconnaître bruissement léger, frémissement, transparence comme d'un feuillage dans la lumière, et faire de ce constat - non, de cette instauration - ce qu'on peut confier à des mots : voilà bien ce que ce poète avait en esprit quand il a entrepris et mené à bien son livre. Et il n'est pas d'ambition plus haute ; ni de plus utile réponse au besoin de l'heure présente. » Yves Bonnefoy
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Avec ce dixième recueil, François Montmaneix approfondit une écriture et une réflexion poétiques commencées voici une trentaine d'années avec L'Ocre de l'air (1970), Le Dé (1974), Le Livre des ruines (1980) et L'Autre versant du feu (1990) qui lui valut le prix Louise Labé. Dans Vivants, publié au cherche midi en 1997, il faisait déjà montre de cette capacité à écrire une poésie d'un beau lyrisme charnel, mêlant le quotidien à l'éternel, évoquant " le goût d'une lueur rapide " et " l'odeur du silence ". Sa poésie possède une densité, une charge émotionnelle très grandes, ce qui ne peut que combler les lecteurs en ces temps de poésie sèche, désincarnée, squelettique et sans émotion apparente. La " forme " poétique de Montmaneix est à la fois d'une grande liberté, et d'une extrême rigueur. Elle est aussi propice à la parole.
Prix Apollinaire 2003 -
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La nuit me prête un peu de son immensité je lui cède en échange quelques-uns des maux de tête acérés qui de leurs dents et de leurs griffes arment un rongeur invisible au coeur de cet arbre le mien habité par des vertiges sans qui j'ignorerais où je suis je les regarde s'en aller va-t-il me manquer quelque chose ? Suis-je amputé de la douleur qui offrait un refuge aux idées faites pour n'être pas conçues ? Je vais m'enchaîner au vent par la tête et je m'écoulerai avec lui lié sans défense au temps sans souffrance à la fin j'apprendrai - je le sais - que pour apercevoir la bête à qui je dois de connaître ma vie il me faudra demain abattre l'arbre
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Une eau terrible est sous la ville, déjà son ombre a bougé dans le mur, hier quand tu n'étais pas là. Et, cette nuit, un grand vent planté d'arbres m'a révélé le secret. Je me tais et je tremble et je bois au tumulte, à ses dieux, à leur ruine, ce sera en été, à midi, dans une odeur de platane au soleil, lorsque la rue est longue et qu'il n'y a personne.
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On voit vivre, sous les murailles, des espaces que les liturgies n'éblouissent, n'impressionnent, ne suivent, ni n'approchent. Ils portent des langages, dont le chiffre sacré reste ignoré du cortège ; des timbres sur qui nul outil ne se peut refermer ; des chants qu'un recensement ne saurait confisquer ; des thrènes ayant reçu, avec le bel exil, la plus simple part : celle où le rêve a devancé la mort. Et c'est en poursuivant son ombre à travers leurs inexplicables domaines, que l'auteur a songé les signes de sa propre demeure.
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« J'aime que le poète soit Dieu et dise l'étendue de ses pouvoirs. Chassé d'un langage qu'il ne reconnaît plus pour sien, François Montmaneix offre en partage le chant de l'unité intime : il appelle en lui le ciel et les branches, annonce le vent, envoie la pluie quérir le silence, devient l'eau qu'il nomme d'un visage de femme.
Si rien n'est explicable, il importe - plus que jamais - de prendre de la hauteur, de voyager avec l'aigle, de vivre la violence de la foudre, de créer les conditions de l'origine. Cosmos, reflet du poète, frère de tumulte. Dans la quête d'une transparence de jardin (le poète y a caché « un récit / et des vins musiciens »), où l'enfance s'annule pour mieux dire sa présence, où l'on déterre les fleurs « pour respirer l'odeur de leurs racines », la trace s'habille de neige, d'odeur de bois qui brûle, de fruits mordus, de lumière, et puis se perd pour resurgir sous les pierres, dans les arbres, les gestes, les heures. Peu de mots, peu d'images, mais une densité qui prend corps dans le mouvement d'un long poème, où l'homme se livre, se délivre, et se dit au plus haut de lui-même et de son amour. Plénitude d'une écriture qui défie le temps, les temps, et invite le lecteur - au bout du compte - à renoncer aux routes que d'autres ont choisies pour lui. »
Jacques Imbert